Les entreprises du secteur des médias et du divertissement génèrent des revenus de multiples façons. Au niveau mondial, l’industrie devrait atteindre un chiffre d’affaires de 3 500 milliards de dollars d’ici 2029 provenant de sources variées. Une même société peut ainsi proposer des abonnements, des contrats publicitaires, des événements à la séance, des téléchargements numériques, des accords de licence ou encore percevoir des commissions de plateforme. Face à la diversité de ces flux, il est essentiel de maîtriser parfaitement la comptabilisation des revenus, un processus qui définit précisément le moment où chacun de ces types de produits est considéré comme acquis.
Dans le secteur des médias et du divertissement, la comptabilisation des revenus consiste à synchroniser les revenus déclarés avec la fourniture effective des accès, des contenus et des services. Nous détaillons ci-après le fonctionnement de ce processus pour les entreprises de médias selon leurs différents modèles : abonnements, licences, publicité et marketplaces. Nous verrons également comment les équipes financières peuvent garantir un reporting précis et conforme aux réglementations en vigueur.
Au sommaire de cet article
- Qu’est-ce que la comptabilisation des revenus dans le secteur des médias et du divertissement ?
- Comment fonctionne la comptabilisation des revenus selon les normes ASC 606 et IFRS 15 pour les entreprises de médias ?
- Comment sont comptabilisés les abonnements, les événements à la séance et les achats numériques ?
- Comment les entreprises de médias doivent-elles traiter les offres groupées, les essais gratuits et les tarifs promotionnels ?
- Quand les revenus publicitaires ou issus des marketplaces doivent-ils être déclarés en montant brut ou net ?
- Quel est l’impact des remboursements, des avoirs et des contestations de paiement sur les revenus comptabilisés ?
- Comment les équipes financières des entreprises de médias peuvent-elles simplifier la comptabilisation des revenus ?
- Comment Stripe Payments peut aider
Qu’est-ce que la comptabilisation des revenus dans le secteur des médias et du divertissement ?
Dans le secteur des médias et du divertissement, la comptabilisation des revenus est le processus permettant de déterminer le moment exact où une entreprise a effectivement réalisé son chiffre d’affaires. Définir le moment de cette réalisation implique généralement d’identifier avec précision le type de modèle utilisé.
Les modèles basés sur l’accès (ex. : abonnements, adhésions, niveaux de streaming) génèrent généralement des revenus comptabilisés sur la durée de l’accès. Les revenus des modèles transactionnels (ex. : événements à la séance, achats numériques) sont habituellement comptabilisés au moment de la livraison ou de la mise à disposition. Les accords de licence se situent souvent entre les deux ; leur comptabilisation dépend des conditions du contrat et de la nature du droit concédé (accès continu ou droit d’utilisation unique).
Comment fonctionne la comptabilisation des revenus selon les normes ASC 606 et IFRS 15 pour les entreprises de médias ?
Deux normes, l’Accounting Standards Codification (ASC) 606 et l’International Financial Reporting Standard (IFRS) 15, fixent les règles mondiales d’enregistrement des revenus. Les entreprises de médias peuvent suivre les étapes ci-dessous pour comptabiliser correctement leurs revenus :
Identifier le contrat avec un client : La comptabilisation des revenus commence par un contrat juridiquement exécutoire et la probabilité que l’entreprise percevra le paiement.
Identifier les obligations de prestation : Une obligation de prestation est un engagement à fournir un bien ou un service. Dans le secteur des médias, ce bien ou service peut prendre la forme d’un accès permanent à une plateforme de streaming, d’un téléchargement numérique unique, d’une diffusion en direct, d’une licence de contenu ou autre. Les offres groupées peuvent comporter plusieurs obligations qui doivent être évaluées séparément.
Déterminer le prix de transaction : Le prix de transaction correspond au montant total que l’entreprise s’attend à recevoir. Celui-ci peut inclure des montants fixes et variables. Les remises, les tarifs promotionnels, les frais basés sur l’utilisation, les partages de revenus et les remboursements potentiels influent tous sur ce chiffre.
Affecter le prix de transaction : Le prix de transaction doit être affecté aux différentes obligations de prestation du contrat. Si un contrat contient plusieurs obligations, affectez le prix total en fonction des prix de vente spécifiques relatifs pour vous assurer que chaque obligation porte une part appropriée des revenus.
Comptabiliser les revenus au fur et à mesure que les obligations sont remplies : Les revenus sont enregistrés soit de manière continue (au fil du temps), soit à un moment précis. L’accès à l’abonnement est généralement comptabilisé sur la période de service, tandis qu’une vente de contenu unique est comptabilisée au moment où le client prend le contrôle du contenu.
Comment sont comptabilisés les abonnements, le paiement à la séance (« pay-per-view ») et les achats numériques ?
Les délais de comptabilisation des revenus varient selon les types d’achats. D’un point de vue comptable, la distinction majeure réside dans le fait que le client perçoive la valeur du service de manière continue dans le temps ou en une seule fois.
Voici quelques exemples des différents types de revenus et de la manière dont ils doivent être traités :
Revenus d’abonnement : Lorsque les clients paient pour un accès continu, par exemple pour un service de streaming mensuel ou des adhésions numériques, les revenus sont comptabilisés par tranches sur la durée de l’abonnement. Si un client paie une année à l’avance, les fonds sont initialement enregistrés comme des revenus différés et comptabilisés progressivement à mesure que chaque mois d’accès est fourni. Toute portion prépayée et inutilisée reste différée ou devient remboursable selon les conditions du contrat.
Événements à la séance : Pour les événements ponctuels, tels que les concerts et les compétitions sportives en direct, les revenus sont comptabilisés au moment où l’événement est diffusé et où le client y a accès. Les paiements anticipés perçus avant l’événement restent différés jusqu’à ce que l’événement soit livré et que l’obligation de prestation soit satisfaite.
Locations à durée limitée : Lorsqu’un client règle une location en streaming de 48 heures, les revenus sont généralement comptabilisés au début de la période de location, dès que l’accès est accordé.
Fichiers numériques : Lorsqu’un client achète un contenu numérique, tel qu’un film, un jeu ou un livre électronique, les revenus sont comptabilisés dès que le client en prend le contrôle (généralement au moment du téléchargement ou de l’accès).
Licences de propriété intellectuelle : Si une licence octroie à l’acheteur un droit d’utilisation sur un contenu existant sans implication continue du vendeur, les revenus sont souvent comptabilisés à une date précise. En revanche, si la licence prévoit un accès continu ou nécessite un support et des mises à jour régulières, les revenus peuvent alors être lissés sur la durée du contrat.
Comment les entreprises de médias doivent-elles traiter les offres groupées, les essais gratuits et les tarifs promotionnels ?
Dans le secteur des médias, les stratégies de croissance reposent souvent sur le regroupement des offres et la fixation des prix. Des tactiques telles que les offres groupées, les essais gratuits et les tarifs promotionnels modifient la manière dont les revenus sont comptabilisés.
Voici comment fonctionne la comptabilisation pour différents types d’offres :
Services groupés : Lorsque plusieurs biens ou services distincts sont vendus ensemble (par exemple, un abonnement vidéo plus de la musique, ou l’accès à internet plus du contenu), chaque composante est généralement évaluée comme une obligation de prestation distincte. Le prix total du contrat est ventilé en fonction des prix de vente spécifiques afin que chaque obligation porte sa part proportionnelle des revenus. Si une offre groupée est vendue avec une remise, celle-ci doit généralement être répartie sur l’ensemble des obligations distinctes, à moins que des éléments probants ne justifient une allocation différente.
Offres intégrées : Si les services sont fortement interdépendants, ils peuvent être traités collectivement comme une seule obligation de prestation. En pratique, cependant, de nombreux bouquets médias contiennent des éléments distincts qui nécessitent une affectation.
Essais gratuits : si un client peut mettre fin à un essai gratuit sans payer, il n’existe aucune garantie de revenu provenant de ce client. La comptabilisation des revenus ne commence que lorsque le client passe à une formule payante.
Mois gratuits dans le cadre de contrats avec engagement : Si un contrat inclut un mois « gratuit » dans le cadre d’une période payée plus longue, le prix total de la transaction est réparti sur l’ensemble de la période de service et le mois gratuit devient alors un réajustement tarifaire.
Remises promotionnelles : les prix de lancement réduits le prix de la transaction ainsi que les revenus comptabilisés pendant ces périodes de remise.
Droits matériels et incitations : Les offres telles que les renouvellements futurs à prix réduit et les contenus bonus peuvent créer des obligations de prestation supplémentaires si elles confèrent des droits dont le client ne bénéficierait pas autrement. Une partie du prix doit être affectée à ces droits et comptabilisée lorsqu’ils sont exercés.
Quand les revenus publicitaires ou issus des marketplaces doivent-ils être déclarés en montant brut ou net ?
Si l’entreprise contrôle le bien ou le service avant de le transférer au client, elle agit en tant que commettant et déclare les revenus en montant brut. Si l’entreprise est plutôt rémunérée pour organiser la transaction, elle agit en tant qu’agent et déclare les revenus en montant net. Les indicateurs utiles ici incluent le fait de savoir si l’entreprise a la responsabilité principale de l’exécution du contrat, si elle dispose d’une marge de manœuvre pour fixer les prix, si elle supporte le risque lié aux stocks ou si elle assume le risque de crédit.
Déclaration des revenus en tant que commettant : Lorsqu’une entreprise contrôle l’inventaire publicitaire ou le contenu avant sa diffusion, par exemple en vendant des espaces publicitaires sur sa propre plateforme, elle agit en tant que commettant. Elle enregistre le montant total versé par l’annonceur comme revenus bruts. Les paiements effectués aux partenaires ou aux créateurs de contenu sont enregistrés séparément en tant que charges.
Déclaration des revenus en tant qu’agent : Si le rôle de l’entreprise se limite à faciliter une transaction entre un client et un tiers, par exemple en mettant en relation des annonceurs et des éditeurs, l’entreprise n’enregistre que ses frais ou sa commission comme revenus et les déclare en montant net.
Les marketplaces numériques, les plateformes de distribution d’applications et les agrégateurs de contenu doivent évaluer chaque flux de revenus séparément. Dans certains cas, la plateforme peut agir en tant que commettant ; dans d’autres, elle peut agir en tant qu’agent.
Quel est l’impact des remboursements, des avoirs et des contestations de paiement sur les revenus comptabilisés ?
Il arrive que des transactions soient annulées. Les entreprises de médias doivent tenir compte de cette réalité en intégrant les remboursements, les crédits de service et les paiements contestés dans la comptabilisation des revenus.
Gardez à l’esprit les éléments suivants :
Droits au remboursement : Si les clients ont droit à un remboursement (par exemple, en cas d’annulation d’abonnement, de retour numérique ou de défaillance de service), les revenus doivent refléter uniquement le montant que l’entreprise s’attend à conserver. Les entreprises sont tenues d’estimer les remboursements attendus et d’enregistrer un passif de remboursement pour les montants réversibles.
Ajustements des revenus différés : Lorsqu’un abonnement prépayé est annulé en cours de période et qu’un remboursement est émis, les revenus différés restants liés au service non utilisé doivent être contre-passés. Les revenus ne sont comptabilisés que pour la portion du service qui a été effectivement fournie.
Crédits clients : Les crédits de service accordés pour cause d’interruption ou à titre de geste commercial réduisent le prix de transaction du contrat et sont traités comme une réduction des revenus.
Crédits promotionnels à utilisation future : Si des crédits s’appliquent à des services futurs, le prix de transaction du contrat en cours doit être ajusté en conséquence, tout comme les revenus comptabilisés.
Rétrofacturations et paiements contestés : Lorsqu’un paiement est annulé par une banque ou un réseau de cartes bancaires, les revenus précédemment comptabilisés liés à cette transaction doivent être contre-passés. L’entreprise ne peut comptabiliser des revenus que pour les montants qu’elle perçoit effectivement.
Comment les équipes financières des entreprises de médias peuvent-elles simplifier la comptabilisation des revenus ?
Lorsque les systèmes de facturation, les régies publicitaires et les contrats de licence sont gérés séparément, la comptabilisation des revenus devient complexe. Regrouper ces différents flux au sein d’un cadre unique permet de simplifier les processus.
Voici quelques options :
Centraliser les données de contrat et de facturation : La facturation des abonnements, les ventes publicitaires et les accords de licence pourraient tous alimenter un moteur de revenus unique. Une couche de données unifiée permet de réduire les travaux de rapprochement et d’éviter des traitements incohérents entre les différentes branches d’activité.
Automatiser l’affectation et l’échelonnement : Les logiciels de comptabilisation des revenus peuvent affecter automatiquement les prix de transaction entre les différentes obligations de prestation et générer des tableaux d’échelonnement des revenus différés.
Intégrer les remboursements et les ajustements en temps réel : Les systèmes doivent automatiquement mettre à jour les revenus comptabilisés et différés dès qu’ils sont impactés par des remboursements, des avoirs ou des contestations de paiement. Cela permet de maintenir un reporting financier en parfaite adéquation avec la réalité des flux.
Maintenir une documentation prête pour l’audit : La comptabilisation des revenus exige une part de jugement, notamment en ce qui concerne les estimations et les évaluations de contrôle. Les systèmes et les processus doivent conserver des pistes d’audit pour les décisions d’affectation, les estimations de remboursement et les modifications de contrat.
Utiliser des outils spécialisés : Les prestataires de paiement comme Stripe peuvent prendre en charge les flux de gestion de la comptabilisation des revenus. Ces outils mettent à jour les tableaux d’échelonnement des revenus au fil des transactions, pour alléger la charge des équipes financières.
Comment Stripe Payments peut vous aider
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Le contenu de cet article est fourni à des fins informatives et pédagogiques uniquement. Il ne saurait constituer un conseil juridique ou fiscal. Stripe ne garantit pas l'exactitude, l'exhaustivité, la pertinence, ni l'actualité des informations contenues dans cet article. Nous vous conseillons de solliciter l'avis d'un avocat compétent ou d'un comptable agréé dans le ou les territoires concernés pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.