Le panorama du financement d’entreprise en France est riche. Bien que les entreprises françaises, en particulier les PME, aient généralement recours aux banques pour financer leurs projets professionnels (création, reprise, développement), il existe aujourd’hui des dizaines de dispositifs de financement internes, privés ou publics.
Chacun de ces dispositifs possède des conditions d’obtention et des montants propres, et il est important de comprendre lesquels sont pertinents selon le projet afin de construire une stratégie de financement cohérente.
Cet article présente les différents dispositifs de financement pour entreprise en France, leurs avantages et inconvénients, et leurs conditions d’obtention.
Sommaire
- Quand faut-il chercher un financement pour son entreprise ?
- Quels sont les dispositifs internes de financement d’entreprise ?
- Quels sont les dispositifs publics de financement d’entreprise ?
- Quels sont les dispositifs privés de financement d’entreprise ?
- Pourquoi faut-il diversifier les sources de financement ?
- Comment Stripe Capital peut vous aider
Quand faut-il chercher un financement pour son entreprise ?
Il est nécessaire d’envisager et de chercher des financements pour son entreprise lorsqu’un besoin stratégique clair est identifié. Il ne s’agit pas simplement d’injecter de la trésorerie, mais plutôt de répondre à un objectif défini et concret : lancer son entreprise, reprendre une entité déjà existante ou développer son activité.
Lors de la création d’une entreprise
La recherche d’un financement d’entreprise doit généralement être réalisée après la structuration du projet (définition de l’offre, étude de marché, validation du positionnement, business plan) et avant le lancement opérationnel, lorsqu’il existe un projet construit et un besoin précis et chiffré. L’objectif est d’obtenir les fonds nécessaires pour financer les coûts indispensables au lancement de l’activité.
À noter : pour financer une création d’entreprise, il est essentiel de chercher et de contacter les financeurs visés 6 à 12 mois avant le démarrage effectif de l’activité, car le temps d’instruction des dossiers et de validation de la demande peut prendre plusieurs mois.
Lors de la reprise d’une entreprise
Le meilleur moment pour envisager des financements pour la reprise d’une entreprise est lorsque la cible est identifiée, avant de signer la lettre d’intention. Chercher des financements en parallèle des premières négociations avec le commerçant permet d’identifier le financeur le plus adapté au projet et de négocier de meilleures conditions.
Lors du développement de son activité
La recherche de financement d’entreprise dans le cadre du développement de l’activité se manifeste généralement en cas de besoin de trésorerie. Cela peut être dû à une trésorerie négative, à des retards de paiement, à une forte croissance ou un pic d’activité, au besoin de recruter ou d’acheter des matières premières, ou à l’opportunité d’investir dans de nouveaux projets.
Quels sont les dispositifs internes de financement d’entreprise ?
Il existe plusieurs dispositifs de financement d’entreprise internes aux entreprises, qui permettent de créer ou de développer son activité et de répondre à des besoins de trésorerie sans devoir passer par des soutiens publics ou privés. Il s’agit notamment de :
- L’apport personnel
- L’apport en capital
- Le compte-courant d’associé
- L’autofinancement
L’apport personnel
L’apport personnel est le dispositif de financement aux entreprises le plus connu, qui correspond à l’injection de fonds propres dans le capital de la société par le chef d’entreprise. Cet apport peut être numéraire (liquidités), en nature (matériel, brevet, bien immobilier), ou en industrie (compétences spécifiques). L’apport personnel constitue également un socle pour toute demande de financement externe, en particulier dans le cas d’une création d’entreprise.
En effet, la plupart des financeurs attendent un certain niveau de ressources personnelles pour considérer sérieusement une demande de financement de création d’entreprise. En France, il est courant d’exiger un apport personnel couvrant 20 % à 30 % du besoin total. En dessous de ce pourcentage, il sera plus difficile d’obtenir des financements pour son entreprise.
Découvrez les avantages et les inconvénients de l’apport personnel :
- Avantages de l’apport personnel
L’apport personnel renforce les fonds propres de l’entreprise et améliore immédiatement sa solvabilité apparente aux yeux des investisseurs potentiels. Il n’entraîne aucun coût financier, n’impose aucune contrainte de remboursement et reste entièrement sous le contrôle du dirigeant. Il permet également aux chefs d’entreprise de bénéficier d’une réduction d’impôt sous conditions (réduction Madelin). - Inconvénients de l’apport personnel
Le principal risque de l’apport personnel est celui de la perte totale des fonds en cas d’échec de l’entreprise. De plus, les sommes disponibles sont souvent limitées, ce qui peut contraindre les ambitions initiales du projet si aucune autre source de financement d’entreprise n’est mobilisée en complément.
L’apport en capital
L’apport en capital consiste à faire entrer un ou plusieurs associés au capital de l’entreprise en contrepartie de leur contribution financière ou en nature. C’est un mode de financement d’entreprise structurant, car il modifie la répartition des pouvoirs au sein de la société et engage juridiquement toutes les parties sur le long terme.
L’apport en capital, librement négocié entre les parties en fonction de la valorisation de l’entreprise, peut intervenir lors de la création de la société (via les apports fondateurs) ou ultérieurement lors d’une augmentation de capital pour le développement de l’activité. Il doit être formalisé dans les statuts et, le cas échéant, faire l’objet d’un rapport du commissaire aux apports.
Par exemple, pour les SARL ou les SAS françaises, l’intervention d’un commissaire aux apports est obligatoire lorsque le montant de l’apport en nature excède 30 000 € et que le montant de l’ensemble des apports dépasse la moitié du capital social.
Découvrez les avantages et les inconvénients de l’apport en capital :
- Avantages de l’apport en capital
L’apport en capital renforce les fonds propres de l’entreprise sans créer de dette ni générer de charges financières. Il permet d’attirer des associés qui apportent non seulement des fonds, mais aussi des compétences, un réseau ou une expertise sectorielle. C’est également un levier pour accroître la crédibilité de l’entreprise vis-à-vis des banques et des investisseurs institutionnels lors des recherches de financement. - Inconvénients de l’apport en capital
L’entrée d’un associé au capital entraîne une dilution du pouvoir décisionnel du fondateur. Ainsi, une gouvernance mal encadrée par un pacte d’actionnaires peut entraîner des conflits voire impacter la croissance et la réussite de l’entreprise. De plus, les associés minoritaires peuvent, dans certaines configurations, bloquer des décisions stratégiques nécessaires à la croissance de l’entreprise.
Le compte courant d’associé
Le compte courant d’associé est un mécanisme de financement aux entreprises par lequel un associé prête de l’argent à la société dont il est membre, sans pour autant procéder à une augmentation de capital. Il s’agit d’un des outils de financement interne les plus flexibles et les plus rapides à mettre en place, particulièrement utilisé par les PME et les structures familiales.
Les personnes qui peuvent réaliser des avances en compte sont les suivantes :
- Associés et actionnaires physiques : quel que soit le nombre de parts sociales ou d’actions détenues dans le capital.
- Autres individus : dirigeants, administrateurs, membres du directoire et du conseil de surveillance, gérants, présidents, directeurs généraux, etc.
Le montant de l’apport au compte courant d’associé n’est pas plafonné par la loi et peut être alimenté :
- Par la rémunération du dirigeant
- Par les éventuels dividendes ou remboursements de frais qui n’ont pas été perçus
- Par des sommes d’argent déposées volontairement par l’associé
Découvrez les avantages et les inconvénients du compte courant d’associé :
- Avantages du compte courant d’associé
Le compte courant d’associé est un dispositif de financement interne très réactif. Il n’implique pas de modification des statuts, pas de dilution du capital, et offre une souplesse de remboursement idéale. De plus, les intérêts versés à l’associé constituent des charges financières qui sont déductibles du résultat fiscal de la société, ce qui en fait un outil fiscalement intéressant. - Inconvénients du compte courant d’associé
Le principal risque est la demande de remboursement soudaine par l’associé, qui peut mettre l’entreprise en difficulté si elle n’a pas anticipé cette éventualité. Par ailleurs, un compte courant trop important par rapport aux fonds propres de la société peut être interprété négativement par les investisseurs comme le signe d’une sous-capitalisation structurelle.
L’autofinancement
L’autofinancement est un mécanisme de financement par lequel une entreprise finance ses projets et investissements avec les fonds qu’elle a elle-même générés, sans faire appel à un soutien externe. Il s’agit de la forme de financement d’entreprise la plus autonome.
Pour déterminer si ce mécanisme est applicable, il faut calculer la capacité d’autofinancement , c’est-à-dire, définir si l’entreprise est capable de couvrir par elle-même ses besoins sans devoir faire d’emprunts en externe. Le montant de l’autofinancement est libre, mais dépend du niveau de bénéfices générés.
Découvrez les avantages et les inconvénients de l’autofinancement :
- Les avantages de l’autofinancement
L’avantage le plus immédiat de l’autofinancement est l’indépendance totale qu’il procure. L’entreprise profite d’une autonomie complète, sans création de dette ou dilution de capital, et n’a de comptes à rendre à aucun investisseur extérieur. De plus, une entreprise capable de s’autofinancer démontre sa santé financière, ce qui, sur le long terme, lui permettrait d’accéder à des financements externes plus importants. Sur le plan financier, ce mécanisme de financement pour entreprises ne génère aucun coût (pas de taux d’intérêt, pas de frais de dossier, pas de garanties à constituer) et offre une réactivité inédite : une décision interne et une disponibilité presque immédiate des fonds. - Les inconvénients de l’autofinancement
Les ressources disponibles pour l’autofinancement sont, par nature, plafonnées à ce que l’entreprise a généré, ce qui peut limiter le type d’investissements possibles. Ainsi, pour des projets d’envergure, comme une acquisition, un investissement industriel conséquent ou un développement à l’international, les montants accessibles peuvent être insuffisants. De plus, les fonds utilisés pour un projet deviennent indisponibles en cas de difficultés financières soudaines (baisse d’activité, retards de paiement, pénurie de matières premières).
Quels sont les dispositifs publics de financement d’entreprise ?
La France dispose de l’un des réseaux de soutien public aux entreprises les plus développés d’Europe, avec environ 211 milliards d’euros en aide en 2023. Il existe de nombreux mécanismes de financement pour entreprise qui aident les TPE, PME et startups à se lancer ou à se développer, avec des conditions d’accès ou de remboursement avantageuses. On distingue trois grands types de financements publics :
- Les aides
- Les subventions
- Les concours
Les aides
Il existe plus de 2 000 aides financières pour les entreprises en France. Elles recouvrent un spectre très large, allant des aides à la création d’entreprise, ou à la reprise ou au développement de l’activité, aux aides à l’embauche, en passant par des dispositifs sectoriels (agriculture, numérique, transition énergétique) ou territoriaux (zones de revitalisation rurale, quartiers prioritaires).
Ces aides publiques prennent la forme de prêts à taux zéro, d’exonérations de charges sociales, de réductions fiscales, ou d’avances remboursables. Ces dispositifs de financement d’entreprise peuvent être très avantageux, car ils sont souvent significatifs, non-remboursables et ne diluent pas le capital de l’entreprise.
Cependant, les conditions d’éligibilité sont généralement strictes et l’instruction des dossiers peut prendre plusieurs mois. Ces aides ne constituent donc pas une solution rapide de financement.
Aides à la création ou à la reprise d’entreprise
Les aides à la création d’entreprise sont l’ensemble des dispositifs mis en place par l’État, les collectivités locales et certains organismes publics pour soutenir les professionnels qui lancent une activité. Ce type de financement aux entreprises permet de réduire les obstacles financiers, administratifs et humains susceptibles de freiner le lancement de l’activité.
Si certaines aides s’adressent à tous les professionnels, d’autres ciblent des profils spécifiques : demandeurs d’emploi, jeunes, personnes en situation de handicap, porteurs de projets dans des zones géographiques prioritaires. De plus, chaque aide publique possède des conditions d’éligibilité précises et des délais à respecter, et les aides ne se cumulent pas nécessairement entre elles.
Voici les aides publiques les plus connues :
- L’aide à la création ou à la reprise d’une entreprise (Acre)
Une exonération temporaire des cotisations sociales en début d’activité qui vise à faciliter le lancement de l’entreprise et à alléger les coûts financiers. - L’aide à la reprise ou à la création d’entreprise (Arce)
Destinée aux demandeurs d’emploi, cette aide permet aux repreneurs ou aux créateurs d’entreprises de percevoir, au moment de la création ou de la reprise d’une entreprise, une partie de leurs allocations chômage restantes sous la forme d’un capital. - Le contrat d’appui au projet d’entreprise (Cape)
Un contrat qui permet de tester la viabilité économique d’un projet de création ou de reprise d’entreprise. Il permet à un professionnel de bénéficier de l’aide matérielle et financière d’une structure accompagnatrice (entreprise ou association) en échange du suivi d’un programme de préparation à la création ou à la reprise. - Le statut de Jeune entreprise innovante ou universitaire (JEI, JEU)
Des exonérations fiscales et sociales octroyées aux nouvelles entreprises qui investissent dans la R&D. Cependant, la JEI ou JEU doit avoir vu le jour avant le 31 décembre 2023 afin de bénéficier de cet avantage fiscal.
Aides au développement d’entreprise
Il existe également des aides aux entreprises qui visent à soutenir une activité existante. Ces aides peuvent être relatives à l’embauche, à la compétitivité ou à la transition écologique. Par exemple, Bpifrance, banque publique d’investissement, propose des prêts de développement, des garanties bancaires, des avances remboursables ou des subventions pour les projets d’innovation ou d’export.
De même, il existe certains crédits d’impôt, comme le Crédit d’Impôt Recherche (CIR) ou le Crédit d’Impôt Innovation (CII) qui offrent des remboursements partiels de certaines dépenses (amortissement de biens ou bâtiments, réalisation d’opérations de recherche ou de conception de prototypes).
Enfin, l’agence de la transition écologique (ADEME) offre également aux entreprises des subventions spécifiques pour des projets de transition écologique (amélioration de l’efficacité énergétique et de la qualité de l’air, gestion des déchets, préservation des ressources naturelles, etc.).
Les subventions
Les subventions sont un mécanisme de financement public direct, non-remboursable, accordé à une entreprise pour la réalisation d’un projet spécifique. Elles peuvent provenir de l’État, des régions, des départements ou des communes. En France, depuis la loi NOTRe de 2015, les régions sont les premiers financeurs publics de l’économie locale, et chacune dispose de son propre catalogue de subventions.
Les subventions publiques, qui peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros, sont généralement attribuées selon des objectifs économiques, sociaux ou environnementaux. Il peut s’agir d’une aide pour l’achat de machines, d’outils, de matériels ou d’équipements lourds, de financements pour le développement d’applications web ou l’achat de logiciels, d’aides pour l’achat de terrains ou de locaux, ou encore d’aides pour financer les coûts internes et externes des projets de R&D.
Découvrez les avantages et les inconvénients des subventions :
- Avantages des subventions
Les subventions offrent un financement d’entreprise très avantageux, car elles ne requièrent pas de remboursement, de prise de participation ou de versement d’intérêts. Elles améliorent directement la rentabilité du projet en réduisant son coût d’investissement. Elles donnent également de la crédibilité à l’entreprise, ce qui peut faciliter l’obtention d’un prêt complémentaire. - Inconvénients des subventions
Les subventions sont souvent limitées et impliquent des contraintes fortes : avances de fonds (les dépenses sont généralement préfinancées par l’entreprise avant remboursement), contrôles a posteriori, obligations de reporting et risque de récupération des sommes en cas de non-respect des engagements. De plus, le montage d’un dossier de subvention est chronophage et nécessite généralement l’intervention d’un accompagnant spécialisé.
Les concours
Les concours d’entreprises sont des compétitions ouvertes aux porteurs de projets et qui récompensent les meilleures initiatives par des dotations financières, des services d’accompagnement, ou des ressources en nature.
Parmi les concours les plus connus en France, il existe le Concours d’innovation i-Lab de Bpifrance, qui s’inscrit dans le cadre du plan France 2030, et qui vise à détecter et à soutenir des projets de création d’entreprises technologiques innovantes. À la clé : une subvention d’un montant maximum de 600 000 € et la mise en place d’un accompagnement adapté.
Découvrez les avantages et les inconvénients des concours :
- Avantages des concours
Outre l’apport financier direct, le fait de remporter un concours offre aux entreprises lauréates une visibilité et une crédibilité importantes. Elles peuvent ensuite accéder plus facilement aux réseaux d’entrepreneurs et aux investisseurs. De plus, la dotation est non-remboursable et ne dilue pas le capital. - Inconvénients des concours
Les concours sont un dispositif de financement aux entreprises sélectif et incertain par nature : le temps passé à préparer un dossier est significatif, sans garantie de résultat. De plus, les calendriers des concours sont imposés et ne correspondent pas toujours aux besoins immédiats de trésorerie. Enfin, ils sont généralement adaptés aux phases de démarrage et d’innovation, mais sont moins pertinents pour les entreprises matures qui cherchent à financer leur développement courant.
Quels sont les dispositifs privés de financement d’entreprise ?
Les financements privés constituent un pilier majeur du plan de financement d’une entreprise en France. Ils comprennent aussi bien les solutions bancaires traditionnelles que les investisseurs providentiels, ce qui offre aux entrepreneurs un choix de dispositifs adaptés à chaque stade de développement. Parmi les financements privés principaux, on compte :
- L’emprunt bancaire
- Le microcrédit
- Le prêt sur l’honneur
- Le financement bridge
- Les business angels
- Le love money
- Le crowdfunding
L’emprunt bancaire
L’emprunt bancaire est le mode de financement aux entreprises externe le plus répandu en France pour les PME et les TPE. Prêt accordé par une banque commerciale, il permet de financer un investissement (équipement, immobilier, acquisition) ou des besoins en fonds de roulement. Les prêts accordés par le système bancaire ne sont pas plafonnés, mais couvrent généralement jusqu’à 70 - 80 % du prix d’acquisition.
Pour obtenir un prêt bancaire, les banques exigent généralement un apport personnel conséquent, un business plan solide, et des garanties (caution personnelle du dirigeant, nantissement de fonds de commerce, hypothèque). Ces emprunts bancaires peuvent être étalés sur une durée de 5 à 7 ans, avec des intérêts plus ou moins élevés 3,45 % en janvier 2026 selon la Banque de France).
Découvrez les avantages et les inconvénients de l’emprunt bancaire :
- Avantages de l’emprunt bancaire
L’emprunt bancaire est un mécanisme de financement des sociétés adapté à la plupart des entreprises françaises, car il permet de financer des investissements importants sans diluer le capital et sans perdre le contrôle de l’entreprise. De plus, les intérêts sont déductibles du résultat imposable. D’autre part, la relation bancaire, lorsqu’elle est bien gérée, peut évoluer en partenariat durable et utile pour des besoins futurs. - Inconvénients de l’emprunt bancaire
L’accès à l’emprunt bancaire reste conditionné à la solidité du dossier, à la santé financière et à l’historique financier de l’entreprise, et aux garanties données. De plus, la caution personnelle du dirigeant, qui peut être exigée, expose son patrimoine propre en cas de défaillance de l’entreprise.
D’autre part, en période de taux élevés, le coût de l’emprunt peut peser lourdement sur la rentabilité des projets, d’autant que le remboursement de l’emprunt bancaire reste fixe et obligatoire, indépendamment de la performance commerciale.
Le microcrédit
Le microcrédit professionnel est un prêt de faible montant destiné aux entrepreneurs qui n’ont pas accès au crédit bancaire classique. Il s’adresse principalement aux individus qui veulent créer ou reprendre une entreprise de moins de trois salariés, quel que soit le secteur d’activité ou le statut, à condition que leur activité s’exerce en France.
Le microcrédit est notamment distribué par l’ADIE (Association pour le Droit à l’Initiative Économique), ainsi que par d’autres organismes agréés comme Créa-Sol ou des réseaux bancaires spécialisés.
Le microcrédit, depuis le décret n° 2024-1123 du 4 décembre 2024, ne peut dépasser 17 000 € et peut être remboursé sur 5 ans au maximum. Par exemple, l’ADIE propose des prêts de microcrédit allant de 300 € à 15 000 €, avec des taux d’intérêt à partir de 8 % et une durée de remboursement pouvant s’étendre à 48 mois.
Toutefois, le microcrédit n’est pas accordé d’office. Il nécessite la préparation d’un dossier sur le projet d’entreprise. Un professionnel étudie ensuite ce dossier, ainsi que la capacité de remboursement, avant d’octroyer le prêt.
Découvrez les avantages et les inconvénients du microcrédit :
- Avantages du microcrédit
Le microcrédit ouvre l’accès au financement d’entreprise à des entrepreneurs exclus du système bancaire, comme les demandeurs d’emploi, les bénéficiaires du RSA ou les personnes en situation d’interdit bancaire. De plus, il est assorti d’un accompagnement gratuit qui renforce significativement les chances de réussite. Enfin, sa rapidité d’instruction en fait une solution de choix pour les besoins urgents de financement en phase de démarrage. - Inconvénients du microcrédit
Le taux d’intérêt du microcrédit est nettement supérieur à celui d’un prêt bancaire classique, ce qui en fait un dispositif de financement peu compétitif. De plus, le plafond de 17 000 € limite son utilité pour les projets professionnels qui nécessitent des investissements plus importants. Enfin, le microcrédit, notamment celui de l’ADIE, exige la présence d’une caution dans l’entourage à hauteur de 50 % du prêt, ce qui peut constituer un obstacle réel pour les entrepreneurs les plus isolés socialement.
Le prêt sur l’honneur
Le prêt sur l’honneur est un prêt à taux zéro consenti personnellement au dirigeant pour financer un projet professionnel de création, de reprise ou de développement d’une entreprise. Accessible à tous les entrepreneurs, il vise à renforcer leur apport personnel pour financer entièrement des petits projets ou faciliter l’obtention d’un prêt bancaire pour un projet plus important.
Le prêt d’honneur est distribué principalement par deux réseaux, Initiative France et Réseau Entreprendre, ainsi que par une variété d’organismes (associations, réseaux associatifs, collectivités locales). Son montant, compris entre 1 000 et 90 000 €, varie selon l’organisme sollicité, la nature du projet et les besoins en fonds propres de l’entrepreneur, et son remboursement s’étale sur une durée de 1 à 7 ans.
Découvrez les avantages et les inconvénients du prêt sur l’honneur :
- Avantages du prêt d’honneur
Le prêt d’honneur est un financement facile d’accès et totalement gratuit (pas d’intérêts, pas de frais de dossier), qui ne nécessite aucune garantie. De plus, combiné à un prêt bancaire, il offre un levier de financement important, car pour chaque euro de prêt d’honneur obtenu, l’entrepreneur peut espérer obtenir entre 7 et 13 euros supplémentaires de financement bancaire. Enfin, il inclut un accompagnement par un expert durant la phase de démarrage du projet. - Inconvénients du prêt d’honneur
Les montants du prêt d’honneur restent relativement modestes pour les projets nécessitant des financements importants. De plus, étant accordé à titre personnel, il engage la responsabilité du dirigeant pour le remboursement, même en cas d’échec de l’entreprise.
Le financement bridge
Le financement bridge est un financement à court terme destiné à couvrir un besoin de trésorerie urgent et temporaire, dans l’attente d’un financement à plus long terme (comme une levée de fonds, une introduction en bourse [IPO] ou la cession d’actifs). Il existe deux formes de financement bridge : le Bridge Loan et l’Equity Bridge.
Le bridge financing est un mécanisme de financement des entreprises qui est particulièrement intéressant pour les startups, car il permet d’assurer la stabilité financière de l’entreprise pendant une période stratégique via un apport ponctuel en liquidités. Il évite ainsi une rupture de trésorerie dans l’attente d’un financement plus important.
Découvrez les avantages et les inconvénients du financement bridge :
- Avantages du financement bridge
Le financement bridge permet d’obtenir, en quelques semaines, des fonds significatifs pour répondre aux besoins urgents de trésorerie et maintenir une activité stable. De plus, dans le cadre d’un Equity Bridge, il permet aux investisseurs de bénéficier de conditions d’entrée au capital plus favorables. - Inconvénients du financement bridge
Ce type de financement d’entreprise implique un taux d’intérêt en général supérieur à celui d’un prêt traditionnel, ce qui le rend parfois peu attractif selon le profil de l’entreprise demandeuse. De plus, en cas d’Equity Bridge, le capital de l’entreprise est dilué, ce qui peut réduire le contrôle des dirigeants et entraîner des conflits entre ceux-ci et les investisseurs. De même, afin de compenser le risque réel de non-remboursement du financement, les investisseurs peuvent exiger des garanties importantes : fonds de commerce, locaux, stocks, etc.
Les business angels
Les business angels, ou angel investors, sont des investisseurs particuliers (souvent d’anciens entrepreneurs ou cadres dirigeants) qui investissent leurs fonds propres dans des entreprises à fort potentiel d’innovation (tech, santé, cleantech), en échange d’une participation minoritaire au capital.
En 2024, environ 5 500 business angels ont investi 98,6 millions d’euros dans 445 startups françaises. Les investisseurs providentiels individuels contribuent en moyenne de 10 000 € à 50 000 € par projet, mais les investissements peuvent atteindre de 300 000 € à 500 000 € - et jusqu’à 1 million d’euros - lorsque les investisseurs providentiels travaillent ensemble ou forment une entreprise d’investissement. L’horizon de sortie est généralement de 3 à 5 ans, une fois que les parts des investisseurs sont vendues à une entreprise plus grande ou à un fonds d’investissement.
Découvrez les avantages et les inconvénients des business angels :
- Avantages des business angels
Au-delà du financement, les business angels apportent une valeur ajoutée considérable en termes de réseau, de mentorat et de crédibilité. En effet, ils apportent leur réseau, leur expertise et leur accompagnement stratégique. De même, la présence au capital de business angels facilite souvent l’accès à de nouveaux financements. - Inconvénients des business angels
L’entrée de business angels implique une dilution du capital et un partage des décisions stratégiques. Par ailleurs, tous les projets ne correspondent pas aux critères d’investissement des business angels. Ceux qui n’ont pas vocation à une forte croissance ou à une sortie dans un délai de 3 à 5 ans ont peu de chances d’intéresser ce type d’investisseur, ce qui peut limiter le nombre d’opportunités pour les entreprises.
Le Love money
Le « love money » (argent de l’amour, en français) désigne les fonds apportés par l’entourage proche de l’entrepreneur : famille, amis, anciens collègues. C’est souvent le premier financement d’entreprise mobilisé après l’apport personnel, et il joue un rôle crucial dans les phases d’amorçage où le projet n’est pas encore suffisamment mûr pour séduire des financeurs institutionnels.
Le love money peut prendre la forme d’un don d’argent (par chèque, virement, mandat ou espèces) ou d’un prêt d’argent (avec ou sans intérêt). Dans ce cas, lorsqu’il dépasse 1 500 €, le prêt doit faire l’objet d’un écrit, et, lorsqu’il dépasse 5 000 €, il doit être déclaré au service des impôts des entreprises (SIE) en même temps que la déclaration annuelle de résultat (applicable à chaque prêt de plus de 5 000 €).
À noter : comme pour l’apport personnel, le love money permet aux investisseurs de bénéficier de la niche fiscale « Madelin », soit un abattement fiscal à hauteur de 18 % du montant investi.
Découvrez les avantages et les inconvénients du love money :
- Avantages du love money
Le love money est une source de financement aux entreprises souple, rapide et souvent sans exigence de garantie. Les conditions sont librement négociées entre les parties et peuvent être très avantageuses pour l’entrepreneur. De plus, il permet d’envoyer un signal fort aux autres financeurs, montrant un intérêt sérieux et un gage de confiance dans le projet professionnel. - Inconvénients du love money
Le principal risque du love money est relationnel : en cas d’échec de l’entreprise, les tensions avec les proches investisseurs peuvent être lourdes à porter. Il est donc essentiel de formaliser les conditions de l’investissement (prêt, don ou entrée au capital) par écrit, de communiquer régulièrement sur l’avancement du projet, et de ne jamais faire de promesses qui ne pourront pas être tenues.
Le crowdfunding
Le crowdfunding (financement participatif en français) est un mode de financement pour entreprise qui repose, non pas sur un investisseur classique, mais sur la collaboration d’un grand nombre d’individus, le plus souvent en ligne (réseaux sociaux, cagnottes, plateformes). Il permet de collecter des fonds pour financer des projets professionnels grâce à l’effort collectif d’amis, de membres de la famille, de clients, d’investisseurs individuels et d’autres contributeurs.
Il existe quatre formes principales de financement participatif :
- Dons : avec ou sans contrepartie
- Prêts : aussi connu sous le nom de crowdlending
- Investissements en capital : aussi connu sous le nom de crowdequity
- Royalties-based crowdfunding : financement dans lequel les contributeurs perçoivent une part des revenus futurs
Les montants maximum du financement participatif varient selon le modèle choisi. Par exemple, pour le crowdlending et le crowdequity, le règlement européen sur le financement participatif (entré en vigueur en novembre 2021) fixe un plafond de 5 millions d’euros par projet par période de 12 mois.
Découvrez les avantages et les inconvénients du crowdfunding :
- Les avantages du crowdfunding
Le premier avantage du crowdfunding est de permettre de tester la demande réelle du marché avant même de lancer son produit ou service. En effet, une campagne réussie permet non seulement de générer un effet de visibilité considérable, mais aussi de prouver que des clients sont prêts à payer, ce qui représente un argument fort pour chercher des financements plus importants. De plus, le crowdfunding permet de lever des fonds sans céder de contrôle sur l’entreprise (dans le cas du modèle de don ou de prêt). Ainsi, l’entrepreneur conserve son capital et sa liberté de décision. - Les inconvénients du crowdfunding
Le succès d’une campagne de crowdfunding nécessite une préparation importante en amont. Une campagne lancée sans audience préexistante ni stratégie de communication a très peu de chances d’aboutir. En cas d’échec, la crédibilité du projet peut être fragilisée auprès de futurs investisseurs, ce qui peut compliquer l’obtention de nouveaux financements pour entreprises. Enfin, dans le cas d’un don avec contrepartie, la gestion (livraison de produits, accès privilégié, remboursement) peut représenter une charge opérationnelle importante à anticiper.
Pourquoi faut-il diversifier les sources de financement ?
La diversification des sources de financement est une nécessité stratégique pour des raisons à la fois pratiques, financières et de résilience organisationnelle. Elle permet notamment de réduire la dépendance et le risque de rupture, d’optimiser le coût global du financement de l’entreprise, de renforcer la crédibilité auprès des financeurs et d’accompagner les différentes phases de vie de l’entreprise.
Réduction de la dépendance et du risque de rupture
S’appuyer sur une seule source de financement expose l’entreprise à un risque de rupture totale si cette source vient à se tarir. Un refus de renouvellement de ligne de crédit professionnelle, un retard dans le versement d’une subvention, un associé qui rappelle son compte courant : autant de cas qui peuvent créer des situations financières graves et entraîner un besoin urgent de trésorerie. En diversifiant les dispositifs de financement, l’entreprise s’assure de disposer d’un filet de sécurité.
Optimisation du coût global du financement
Chaque source de financement a son coût propre et ses contraintes spécifiques. Par exemple, les subventions et aides publiques sont gratuites, mais sont limitées et souvent longues à obtenir ; le prêt d’honneur est aussi gratuit, mais reste modeste ; le prêt bancaire permet d’obtenir des montants importants, mais exige des garanties.
En combinant intelligemment plusieurs outils de financement aux entreprises, le dirigeant peut réduire le coût moyen du financement tout en couvrant l’intégralité de ses besoins.
Renforcement de la crédibilité auprès des financeurs
Un plan de financement diversifié est perçu comme un gage de sérieux et de maturité par les partenaires financiers principaux. Par exemple, un entrepreneur qui demande un financement important et possède 30 % d’apport personnel, 20 % de subventions régionales, 40 % de prêt bancaire et 10 % de prêt d’honneur démontre sa capacité à mobiliser l’ensemble de l’écosystème financier, ce qui, en retour, rassure les banques et les investisseurs sur la viabilité du projet.
Accompagner les différentes phases de vie de l’entreprise
Les besoins de financement évoluent à chaque étape : amorçage, démarrage, croissance, maturité, transmission. Les sources de financement pour les entreprises doivent ainsi évoluer en conséquence.
Comment Stripe Capital peut vous aider
Stripe Capital propose des solutions de financement basées sur les revenus. Son objectif ? Aider votre entreprise à accéder aux fonds dont elle a besoin pour se développer.
Capital peut vous aider à :
- Accéder plus rapidement à votre capital de croissance : obtenez un prêt ou une avance de fonds en quelques minutes, sans la longue procédure de demande ni les exigences de garantie des prêts bancaires traditionnels.
- Aligner le financement sur vos revenus : avec Capital, vous remboursez un pourcentage fixe de vos ventes quotidiennes, pour des paiements qui s’ajustent automatiquement à votre performance. Et si vos ventes ne couvrent pas le minimum dû, Capital prélève le solde directement sur votre compte, sans tracas.
- Vous développer en toute confiance : financez des initiatives de croissance telles que des opérations marketing, des campagnes de recrutement, une augmentation des stocks, et bien plus encore, sans diluer vos capitaux propres ou vos actifs personnels.
- Tirer parti de l’expertise de Stripe : Capital fournit des solutions de financement personnalisées qui s’appuient sur l’expertise approfondie de Stripe et ses données de paiement.
Découvrez comment Stripe Capital peut stimuler la croissance de votre entreprise ou démarrez dès aujourd’hui.
Le contenu de cet article est fourni à des fins informatives et pédagogiques uniquement. Il ne saurait constituer un conseil juridique ou fiscal. Stripe ne garantit pas l'exactitude, l'exhaustivité, la pertinence, ni l'actualité des informations contenues dans cet article. Nous vous conseillons de solliciter l'avis d'un avocat compétent ou d'un comptable agréé dans le ou les territoires concernés pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.